VIENDRA LE FEU

Cinéma, Viendra le feu, sortie cinéma, critique cinéma, Clermont-Ferrand, Oliver Laxe

VIENDRA LE FEU

Un quotidien filmé dans tout son silence
pop corn

Viendra le feu est un film comme il y en a peu. Le cinéaste met l'image au service d'un esthétisme aussi glacial que flamboyant pour conter la tragédie de la misère et de la solitude. Une grande réussite.

Dès le premier plan, Viendra le feu s'impose comme un voyage destructeur et fantomatique dans le monde d'aujourd'hui. La nature sombre, en proie aux flammes, tandis qu'Amador, observe, mutique, les paysages de sa Galice natale. L'homme n'a pas d'avenir sur cette terre où il revient, cette terre d'où on l'a chassée, le suspectant de pyromanie. Il sort de prison et retrouve sa mère, qui vit seule dans sa ferme, recluse. La vie qu'ils vont mener côte à côte, Oliver Laxe la filme dans toutes ses tensions, dans toute sa noirceur, dans tout son silence.

Le banal se donne en spectacle

Il va au plus profond des personnages tout en s'en distanciant le plus possible, comme pour faire ressortir leur abnégation et une colère profondes. Quelque chose va arriver, on le sent, on le sait. Puis, c'est l'embrasement, à nouveau. Une réalité, un souvenir, une image de la colère si longtemps refoulée. Le feu est venu, comme l'annonçait le titre et il jaillit comme un fantôme, lui aussi, dans ce monde où les hommes et les âmes sont presque morts, mais tellement vivants. Chez Oliver Laxe, le banal se fait spectaculaire, la beauté devient intemporelle, la vie est presque légende. Envoûtant.