LES OGRES DE BARBACK

​Les Ogres de Barback, Festival d'Ambert 2019, Culture, Musique, Octopus Magazine

LES OGRES DE BARBACK

huis clos

© Christian Sauter & Lionel Le Guen
Les Ogres de Barback sont descendus de «  leur camion  » le temps d’enregistrer leur album Amours grises et colères rouges, une perle de la chanson française telle qu’ils l’ont toujours conçue et défendue depuis 25 ans : décloisonnée et ouverte sur le monde. Ils repartent de plus belle sur scène, leur terrain de jeu favori. Mathilde Burguière, ogresse «  en titre  », nous a consacré un petit moment, entre deux dates.

Les Ogres de Barback ont 25 ans et sont toujours là, toujours libres, fidèles à leurs aspirations du début. Quel est votre secret ?

Notre secret… On essaye toujours de se renouveler tout en continuant à nous faire plaisir. Tous les deux ans, on change tout, on invite de nouvelles personnes à partager notre musique et nos concerts. On s’amuse avant tout !

Sur ces 25 ans, quels sont vos meilleurs souvenirs, vos plus belles rencontres ?

Les Ogres de Barback, c’est justement plein de rencontres et, du coup, plein de bons souvenirs, que ce soit pour réaliser nos albums ou sur scène. L’humain est au cœur de notre groupe. Dès que des liens simples et évidents se lient, on engage des projets concrets.

Vous faites partie d’une grande famille. Vous vous êtes « alliés » à ceux qui vous ressemblent (Les Hurlements d’Léo, Tryo, Zebda et bien d’autres) et vous avez un public fidèle. Vous n’avez pas parfois l’impression de prêcher « la bonne parole » seulement à des convaincus ?

Nous faisons partie d’une grande famille effectivement. Nous sommes surtout un groupe qui fait de la scène depuis toujours, qui aime ça et notre objectif est de continuer à le faire. Nous n’avons rien à voir avec le monde du showbiz, nous sommes totalement indépendants. Bon, je ne vous cache pas que ça nous ferme des portes. On nous fait souvent comprendre que si l’on ne souhaite être aidé de personne, on ne fera rien pour nous aider. Ça ne nous empêche pas d’écumer toutes les scènes de France et d’ailleurs, on a un public qui est bien présent à tous nos concerts et ça nous convient parfaitement.

Dans votre dernier album, vous parlez de ceux qui font le monde, de la petitesse des hommes, mais aussi d’amours, mais qui sont grises. Vous faites un constat assez pessimiste, même si plein de poésie. C’est votre façon à vous de lutter ?

La lutte, oui, c’est notre credo. Cet album, en effet, parle plus d’amour et d’histoires qui se passent plus ou moins bien… Mais, chaque chanson apporte une note d’espoir. Et on contrebalance les paroles « tristes » avec une musique plus enjouée. Sur scène, d’ailleurs, nous alternons des chansons à écouter et des moments très festifs. Nos concerts sont avant tout une fête et les gens qui viennent nous voir disent que nos spectacles leur mettent la pêche, leur donne espoir et envie de « continuer ». C’est ça qui compte avant tout.

Vous êtes un groupe engagé. Vous engagez-vous personnellement en dehors des Ogres ?

Nous sommes tous les quatre éparpillés dans toute la France et tous les quatre, nous sommes acteurs de notre vie locale, dans notre petit village, sur le plan culturel et social, pas sur le plan politique. Avec les Ogres, on soutient aussi des causes, mais ce n’est jamais politique, ça reste social aussi.

Vous dites que vous êtes éparpillés dans tout l’hexagone ? Comment travaillez-vous sur vos albums ? Comment les réalisez-vous ?

Ce n’est pas toujours facile, car on a chacun sa petite vie… Fred écrit les chansons, il écrit tout le temps, chez lui, en tournée… Il a beaucoup d’idées et il s’inspire aussi des longues conversations que nous avons sur le monde qui nous entoure, sur ce que l’on voit, ressent… Quand nous sommes sur les routes, ça laisse du temps pour débattre, discuter… ! Pour finaliser nos disques et nos tournées, on s’organise des résidences dans notre point de ralliement en Ardèche, chez moi, où nous avons tout sur place pour travailler, répéter, enregistrer…

Vous avez débuté votre tournée. Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?

Nos concerts, ce sont toujours beaucoup de surprises. Je peux vous en dévoiler une : la fanfare béninoise Eyo ‘nlé, qui avait déjà joué avec nous en 2014 est sur toutes les dates avec nous et nous sommes très contents. On va pouvoir alterner des moments de musique différents, avec plein de chants, de cuivre…

Vous êtes tous multi-instrumentistes ? Vous êtes tombés dedans depuis tout petits, non ?

Comme nous sommes frères et sœurs, nous avons surtout joué très tôt ensemble. On a commencé dans des fêtes de famille. Chacun de nous a son instrument de prédilection, qu’il a appris jeune. Moi, par exemple, c’est la flûte. Notre but aussi, c’était de choisir des instruments transportables pour pouvoir jouer partout. Pour le reste, nous sommes autodidactes. Nous nous sommes mis à collectionner les instruments et nous avons appris seuls à « nous en servir ». Notre père était musicien et lui aussi avait beaucoup d’instruments. Il nous a donné le goût de la musique comme on la fait aujourd’hui.

Info+ 

► World Festival d’Ambert le 20 juillet 2019 / La Coopérative de Mai le 13 décembre 2019

Interview parue dans Octopus Magazine de mai 2019