Joker

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Joker

La performance hallucinante d'un acteur avec un grand A
pop corn

Le film de Todd Philipps est assurément un film choc, qui marque, ne serait-ce que par l'incroyable leçon donnée par Joachin Phœnix qui déploie son talent incroyable, sans aucune concession ni fausse note, du début à la fin.

Arthur Fleck devient peu à peu et malgré lui Joker. Il n'est pas de ceux pour qui la vie a souri, pour qui la société a ouvert les vannes du bonheur et de la prospérité. Sa maladie mentale, elle, il ne l'a pas volée, pour ainsi dire, et il la trimbale de scène en scène, dans une vie de clown triste dont on ne comprend pas le rire et les rires, à qui l'on a menti, dont on abuse, que l'on tabasse au coin d'une rue, que l'on rejette, dont on se moque... Arthur Fleck a des désirs, des envies, du talent, de l'amour à revendre et tout ça, on lui a enlevé dès sa plus tendre enfance. Des casseroles qu'il traîne, dont il s'échappe comme il peut, jusqu'à commettre l'irréparable qui le pousse sur le devant de la scène. Là aussi, il pense à s'en échapper définitivement, mais en vain.

Se jouer de soi jusqu'au bout

Il « change encore une fois son fusil d'épaule » et se lance à corps perdu dans sa destinée meurtrière, se riant à l'extrême de ses actes et de lui-même. Incompris, il l'est encore et, il le sait, le sera toujours. Mais, peut-être un jour fera-t-il des rencontres à sa hauteur... Joachin Phoenix ne recule devant rien, vit le rôle avec une intensité incroyable et le réalisateur - qui ne doutait pas une seconde apparemment qu'il était capable de ce tour de force - ne se donne aucune limite non plus. Plus que sur le personnage, c'est sur l'acteur que tout le film se focalise, sur sa performance hallucinante, sans limites, d'une incroyable maîtrise. Du grandiose !

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► Critique parue dans Octopus Magazine de novembre 2019.