BEN ET ARNAUD TSAMERE

Spectacle de Ben et Arnaud Tsamere, Humour, Le Cosmo, Clermont-Ferrand, Puy-de-Dôme

BEN ET ARNAUD TSAMERE

huis clos

© Pascal Ito
Après quatre spectacles en solo et plus de 100 sketches en duo, Ben et Arnaud Tsamere ont décidé de monter sur scène ensemble. On les retrouve dans ce qu'ils savent faire le mieux et qui les avait révélés au grand public à la télévision : le sketch de situation. Nous avons posé quelques questions à Arnaud, avant le passage du duo sur la scène du Cosmo Society le 13 décembre.

Vous êtes en tournée avec Ensemble, spectacle que vous avez créé avec Ben. Pourquoi ce duo ?

C'est la concrétisation d'une grande complicité artistique et d'une grande amitié. On se connaît depuis 15 ans. On a collaboré sur pas mal de choses. Ça fait 10 ans qu'on parlait de faire un spectacle ensemble. Nos carrières solo ne nous ont pas permis de le faire jusque-là. On a fait 4 saisons chez Michel Drucker, avant on était chez Ruquier dans « On n' demande qu'à en rire ». Comme l'envie devenait de plus en plus forte, on a fini par passer à l'acte !

Vous reprenez des sketches déjà joués chez Drucker ou pas du tout ? Parce que vous aviez de quoi faire !

En effet, on a joué 120 sketches dans l'émission « Vivement dimanche prochain ». Pour faire le lien et faire plaisir à nos fans, on en reprend quand même un. Tout le reste est complètement inédit.

Comment avez-vous créé votre spectacle ? Cela ne doit pas être le même travail que pour vos passages TV ?

Si, c'est la même démarche. Avec Ben, l'écriture de nos sketches est assez instinctive. Ça part souvent d'un gros éclat de rire, car il faut dire qu'on s'amuse beaucoup dans la vie. Et on se pose la question en permanence de savoir si telle ou telle situation peut entrer dans le cadre d'un spectacle, si notre connerie passera, fera rire les gens. À partir du moment où quelque chose nous fait rire, l'écriture à proprement parler est très rapide. De plus, on a beaucoup de respect l'un envers l'autre donc on entre jamais dans des discussions ou des conflits pour amener l'autre à accepter notre idée. Si une chose fait rire l'un et pas l'autre, on laisse tomber. Après, il y a tout le travail avec le metteur en scène. Et, en l’occurrence, Thibault Segouin, qui a déjà collaboré avec Ben, est quelqu'un de très précieux pour nous, ne serait-ce que parce qu'il partage exactement notre vision de l'humour absurde.

Dans les critiques de vos spectacles, absurde est l'adjectif le plus employé pour qualifier votre humour. Vous trouvez que c'est raccord avec ce que vous faites ?

Oui, je crois que ça nous va bien. Oui, ce que l'on fait relève de l'absurde, du surréaliste. Pour notre spectacle, on est parti d'un format journal TV, parce que ça nous arrangeait bien et puis ça nous convient parfaitement. L'idée nous a tout de suite plu à tous les deux. À chaque titre, on fait un sketch qui devient un prétexte à décaler une situation réelle. On cherche à tordre cette réalité-là et emmener les gens où ils ne s'y attendent pas.

Vous parlez de quoi ?

Il y a des choses très terre à terre, très communes comme un débat politique entre deux tours des élections, du sport, mais aussi on parle de l'environnement avec un sketch sur la menace de disparition des abeilles. Bon, on le met à notre sauce… Tout part toujours de sujets de JT. Il y a aussi un sketch sur un pickpocket dans le métro, même un sur le concours Lépine.

Ah oui ! Et quel inventeur a retenu votre attention ?

En fait, on parle de quelqu'un qui s'est présenté un nombre incalculable de fois au concours et au fil du sketch on comprend pourquoi il ne l’a jamais remporté…

Ça me rappelle un épisode de l'émission Strip tease, que vous dites être votre émission préférée, où un homme fabriquait une soucoupe volante dans son jardin. C'est ce qui vous a inspiré ?

Non, ça ne vient pas de là. Mais ça aurait pu. En tout cas, ça relève bien de ça…

Vous dites que vous abordez le sport dans votre spectacle. Sous quelle forme ?

On parle des tennismen français contre lesquels on est un peu remonté avec Ben, en ce moment. On les trouve un peu feignants par rapport à d'autres, on va dire. Donc on en parle et on ne les épargne pas.

Vous êtes également chroniqueur sportif. On vous a vu donner un jour le faux coup d'envoi d'un match de ligue 1. Vous pratiquez vous-même ?

Le sport fait vraiment partie de ma vie, depuis que je suis tout petit. Je n’ai pas du tout baigné dans l'artistique, mais plutôt dans le sport. J'ai joué pendant près de 20 ans au foot, je fais beaucoup de vélo, de la course à pied. Aussi, depuis moins longtemps, mais c'est devenu une passion comme le reste, je fais beaucoup de sport automobile, du karting aussi. Ça occupe une grande partie de mon temps, j'adore ça, vraiment.

Vous n'avez donc pas eu un déclic pendant l'enfance, apparemment. Comment en êtes-vous venu à l'humour et à en faire votre métier ?

J'ai fait une maîtrise de droit à la fac et c'est là que j'ai découvert l'improvisation théâtrale. Après, j'ai intégré la compagnie le Declic Théâtre à Trappes avec Jamel Debouze, Sophia Aram. On jouait dans les MJC, les salles de quartier… C'est comme ça que j'ai fait mes premiers pas sur scène et l'idée d'en faire un métier est née petit à petit. C'est venu tard, j'avais 25 ans quand j'ai commencé à faire ça à temps plein.

Quelqu'un vous a-t-il inspiré plus particulièrement ?

Oui, tout à fait. Je le clame haut et fort, François Rollin, et c'est pareil pour Ben. Quand j'ai découvert le personnage et ses spectacles, ce que je proposais sur scène était encore flou, encore maladroit et là tout est devenu évident en le voyant. J'avais devant les yeux exactement ce que j'avais envie de faire passer. Il a cet amour des mots, de l'absurde. J'ai eu la chance de le rencontrer il y a quelques années et les hasards de la vie ont fait que nous sommes devenus de très bons amis. Il a co-écrit mes one man shows. J'ai eu une chance incroyable de travailler avec quelqu'un que j'admire, qui est mon modèle.

Et vous allez retravailler ensemble ?

Avec lui, l'attachement va au-delà du métier. On est toujours en contact, on se voit régulièrement. Oui, je pense qu'on retravaillera ensemble.

 

Quel a été le moment le plus marquant dans votre carrière ?

S'il y a un moment important à citer, c'est certainement mes passages TV dans On n'demande qu'à en rire. C'est cette émission qui m'a fait connaître du grand public et ces interventions m'ont aidé aussi à évoluer, à faire les choses autrement, à prendre confiance.

Vous citez souvent Ricky Gervais parmi les humoristes que vous aimez bien ? En quoi vous vous sentez proche de lui ?

Je ne me sens pas vraiment proche de lui, mais tout simplement il me fait hurler de rire. Il maîtrise le second degré comme personne. Il a ce flegme britannique que j'adore. Je vais me répéter, mais il y a ce côté Monthy Pithon que j'affectionne tout particulièrement. Tout ce qu'il touche se transforme en quelque chose d'exceptionnel. Il fait des séries exceptionnelles, c'est un super acteur. Il a d'ailleurs reçu maintes distinctions… En bref, c'est un génie.

D'autres humoristes font partie de votre « play list » ? Vous suivez de près « l'actualité humoristique » ?

C'est bizarre de dire ça mais je ne suis pas beaucoup ce qui se fait dans l'humour. Je sais que beaucoup de mes collègues le font, sont à l’affût de tout ce qui sort, ont cette curiosité. Moi, pas du tout. Je ne dis pas que je n'aime pas les autres, pas du tout, mais je me contente d'aller en voir quelques-uns sur scène, mes potes surtout. Après, entre un match de foot à la TV et un spectacle d'humour, le choix est très vite fait. Je n'ai pas cette curiosité en fait. Par contre, je regarde pas mal de séries.

À la Hero Corp ? Dans laquelle d'ailleurs vous jouez le rôle de Captain Sports extrême…

Oui… J'ai eu la chance que Simon Astier, qui est aussi quelqu'un dont j'apprécie énormément le travail, me fasse participer à cette aventure. C'était génial.

Et vous écoutez de la musique ?

Je suis très chanson française. J'ai 44 ans, voilà et j'écoute Radio Nostalgie ! Au grand désespoir de Ben d'ailleurs. En loge, je lui fais écouter des choses parfois « inaudibles »…

Revenons à votre spectacle. Comment ça se passe ? Vous le faites évoluer au fil des dates ?

Ça reste du spectacle vivant, donc on ne s'interdit pas de laisser une part à l'impro, de faire bouger les choses au fil des semaines. C'est très fréquent dans l'humour. Les spectacles sont souvent joués longtemps. Donc, on change des trucs selon les choses qui nous viennent sur scène, ce qui se passe avec le public et évidemment ce qui se passe dans l'actu.

Des projets ?

Oui. On finit la tournée avec Ben et j'entre en écriture de mon prochain one man show qui se jouera à partir d'octobre prochain.

Info+ 

► 13 décembre - 20h30 • Le Cosmo Society - Clermont-Ferrand • www.cosmosociety.fr

Propos recueillis par Corinne Chesne, interview parue dans Octopus Magazine de décembre 2019